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*Proposition musique de Charlène _______________ _____Mes paupières devenaient lourdes, et je finis très vite par céder au sommeil et à plonger dans les bras de Morphée.
Généralement de nature insomniaque, je n'arrive pas à trouver le sommeil avant plusieurs heures, bien souvent je dois avoir recours à diverses activités pour les voir défiler.
C'est alors pendant ces heures perdues que je pense à écrire, lire, écouter de la musique Pour faire simple ; il faut que je vide mon esprit, que je pense à autre chose.
Ma vie est bien trop banale pour y consacrer plus de temps, alors dès que la possibilité de m'évader de ce rôle futile m'est proposée, l'offre semble bien trop alléchante pour ne pas y concéder.
Mais cette nuit là, je ne sais pour quelle raison, je me suis endormie si vite que je n'ai pas fini le film préparé la veille. Je ne me souviens pas l'avoir commencé.
C'était pourtant l'un de mes films préférés. Pas de ceux de qui ne demandent aucune réflexion et sans intérêt avec du sang en veux-tu, en voilà. Je parle de ces films qui vous font réagir quand ils sont finis ,de ceux qui vont font penser au plus profond de vous des choses jamais entrevues.
C'est l'un de ces films qui m'a ouvert les yeux sur le monde qui m'entourait, sur ma personne et le rapport entre les deux. Je n'étais rien.
J'avais vécu jusqu'ici dans une lassitude désespérante, sans jamais me plaindre.
Sans jamais rien attendre. J'avais toujours été de ceux qui restent passifs, qui survolent leur vie sans jamais y participer.
Ce rêve, c'était comme si quelqu'un m'avait comprise, entendue, et répondu.
_____J'étais dans un champ, il était vaste et grand, je ne pouvais distinguer au loin l'horizon. Rien ne pouvait me permettre de me réorienter. J'ignorais comment j'étais arrivée jusqu'ici ,mais j'y trouvais une certaine sérénité qui ne me déplu guère.
J'étais vêtue d'une robe légère, rouge sans bretelle. Elle était suffisamment ample pour que je m'y sente à l'aise, suffisamment simple pour ne pas passer pour une fille superficielle, je ne portais pas de chaussures.
Mais cette tenue me paru complètement inappropriée pour la saison.
Nous étions en hiver.
J'avais toujours considéré cette saison comme celle que j'appréciais le moins, je trouvais que celle-ci avait quelque chose de mélancolique.
Aussitôt, regarder le ciel ,était confirmer mes hypothèses, que l'hiver est une saison étouffante. Le ciel était si gris, qu'on aurait pu penser qu'il allait tomber tant il paraissait lourd.
L'hiver avait quelque chose que je ne pouvais exprimer sans penser au printemps.
La renaissance de tout. L'hiver n'était pas la mort, il bloquait les souvenirs, mes souvenirs et je ne l'aimais pas.
Mes souvenirs aussi inintéressants sont-ils, m'appartiennent et j'y tiens.
Ils représentent tout ce que j'ai, je m'accroche à ce trop peu de choses pour essayer d'avancer. Mais j'ai l'impression d'être toujours poursuivie par quelque chose, un quelque chose qui m'effraie au plus au point.
Que ces souvenirs se perdent. Ils me constituent.
C'est sûrement ce qui à toujours fait de moi la personne que je suis.
Les souvenirs les plus horribles qu'il soit, ceux qui forment une boule en travers de votre gorge rien que d'y penser un bref instant, ceux-là je voulais encore moins les perdre.
J'avais toujours pensé que les souvenirs, heureux ou pas ne sont que des souvenirs.
Ce qui signifiait que ces moments horribles sont bien terminés, plus besoin de lutter contre un moment qui ne vous détruit plus.
A l'inverse les souvenirs qui sont heureux, ne me rendent pas le sourire qu'ils m'ont écorché la première fois. Je n'arrivais pas à être soulagée ou heureuse en pensant que le bonheur était derrière moi.
Depuis que j'avais ouvert les yeux sur ce champ je n'avais pas bougé d'une phalange.
Mes pensées étaient devenues moindre avant que je ne m'en rende compte.
Les flocons de neige dansaient autour de moi avant de finir leur course de part et d'autre d'une ombre assise au loin.
Étrangement je n'avais pas froid, je n'avais pas peur.
Je savais et j'en étais persuadée, que rien ne pouvait m'atteindre en cet instant si reposant.
Il n'y avait personne, pas une maison, rien. Juste de la terre recouverte partiellement de neige à perte de vue.
Et cette ombre. Je n'arrivais qu'à en définir les contours, cela m'agaçait.
Je décidais alors de m'avancer pour assouvir ma curiosité.
A mesure que j'avançais, des éléments m'apparaissaient. L'ombre était sans aucun doute une jeune femme. Elle était belle, simple, naturelle.
Ses cheveux n'étaient pas bien coiffés, des mèches ça et là ne voulaient visiblement pas se ranger avec le reste de sa longue chevelure sombre.
Encore un pas, elle avait un corps splendide, un visage radieux.
Un petit nez au milieu du visage qui s'accordait à merveille avec ses yeux couleur émeraude.
A présent je me tenais à quelques mètres d'elle, puis soudain sans comprendre mes jambes refusèrent de continuer.
Je me trouvais là, et je savais que je n'étais pas faite pour ce monde, que quelque chose allait changer. Ce fut alors comme dire que la Terre est ronde, que les oiseaux volent, que les poissons nagent ,j'étais née sans savoir ce que j'étais, sans savoir ce que je devais faire.
J'avais jusqu'ici essayé de nager alors que j'étais faite pour voler.
Je restais là debout face à cette ombre que je voulais tant distinguer.
Sans que je puisse le prévoir, l'ombre s'approcha en ma direction.
Elle s'arrêta devant moi et souleva sa main droite, du bout de ses doigts elle effleura ma peau, comme si elle se dessinait une image de moi avec ses mains. Elles étaient douces et d'une chaleur apprivoisant la mienne.
Je la laissais faire jusqu'à ce que son regard vint croiser le mien.
Ses yeux paraissaient graves mais ne présentaient aucune hostilité.
Je ne l'avais jamais vue auparavant, mais c'est comme si je l'avais toujours connue.
Elle me prit les mains et les croisa avec les siennes.
Elle ouvrit sa bouche pulpeuse et entama la conversation, qui était celle qui changerait ma vie, je ne le savais pas encore.
_ Bonjour Éléa. me dit-elle calmement.
Je ne savais pas quoi répondre, j'étais éberluée, comment savait-elle qui j'étais ?
Je suis quelqu'un qui retient bien les visages et j'en étais sûre, je ne la connaissais pas!
Mais alors qui était-elle ? Je me devais de comprendre toute cette histoire.
_Comment me connais-tu ? Qui es-tu? asséné-je sèchement.
_Et bien on peut dire que tu es directe, je m'appelle Egna. Et je dois te prévenir...
Soudain un cri strident retentit, elle n'eut pas le temps de finir sa phrase.
Ce cri fit parcourir un frisson sur la totalité de mon corps, c'était le cri d'une personne qui souffre, je n'avais jamais entendu pareil martyre. Pourtant Egna ne semblait pas surprise le moins du monde.
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